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1 janvier 2027
! ATTENTION ! SPOILER - SPOILER -SPOILER ! ATTENTION !
Réécriture de la dernière scène de L'Homme de Sarenne
Cette scène remplace la dernière scène du roman, juste avant l’épilogue. Elle clôt l’enquête d’une manière un peu plus explicite et lève l’ambiguïté qui pouvait subsister sur le dénouement. Ils s’assirent à la terrasse d’un café, au milieu du passage. La station était pleine. Familles, sacs à dos, skis portés à l’épaule. La montagne travaillait, même en juillet. — Un café, dit Chaboud. — Pareil. Ils burent en silence. — On peut marcher un peu ? demanda Cazal. — Oui. Ils longèrent la rue principale, au milieu du passage. Ils passèrent devant le magasin Perrin. À l’intérieur, un homme réglait une fixation. Il leva la tête. Le geste s’arrêta. — Marc. Chaboud se figea. — …Hervé. Cazal tourna lentement la tête vers l’homme qu’il avait rencontré aux Pays-Bas. Garnier pâlit. Perrin ne le quittait pas des yeux. — Je te reconnaîtrais n’importe où. — Je te croyais mort. — C’était peut-être préférable. Garnier baissa les yeux. — Le bateau… — On l’a retrouvé vide. Un temps. — Tu as laissé tout le monde croire que j’étais mort. — Je le croyais aussi. Chaboud eut un sourire sans joie. — Ça t’arrangeait bien. Garnier ne répondit pas. Cazal, lui, venait de comprendre. Le fax d’Amsterdam. La photo de Garnier. Le visage de celui qui s’était présenté comme Chaboud. Tout reprenait sa place. — Et Delmas ? demanda Cazal. Garnier releva lentement la tête. Chaboud le devança. — Demandez-lui ce qui s’est passé après l’inauguration. Garnier se raidit. — Marc… — Non. Chaboud fit un pas vers lui. Il se tourna vers Cazal. — Moi, j’avais vraiment coupé les ponts. Je ne voulais plus revenir en France. Même pas pour le Pic Blanc. Il regarda Garnier. — Hervé, lui, n’a jamais réussi à tourner la page. — Tu es revenu pour l’inauguration. Il marqua une pause. — Pour voir ce qu’était devenu notre projet. — Et après la cérémonie, vous vous êtes retrouvés là-haut. Garnier détourna le regard. — Il m’a provoqué. — Il te provoquait toujours. — Cette fois-là, c’était différent. Sa voix avait changé. Plus basse. — Il avait tout perdu. Le projet. L’argent. Sa place. Il disait que c’était notre faute. Que nous l’avions trahi. Qu’il allait tout faire sauter. Chaboud ne le quittait pas des yeux. — Et tu l’as étranglé. Garnier ferma les yeux. — Je ne voulais pas le tuer. Un silence. — Quand j’ai lâché… il ne respirait plus. La rue continuait de vivre autour d’eux. Personne ne regardait vraiment. — Tu es revenu aux Pays-Bas, reprit Chaboud. Tu me l’as raconté. Comme si j’allais pouvoir vivre avec ça. Garnier releva les yeux. — Je ne savais pas quoi faire. — Moi non plus. Chaboud regarda un instant la montagne. — Alors je suis parti. — Le voilier… — Oui. Garnier hésita. — J’ai toujours cru que tu avais voulu mourir. Chaboud se retourna vers lui. — Peut-être. Un temps. — Ou peut-être que je voulais simplement cesser d’être l’homme qui vivait avec un meurtrier. Garnier vacilla légèrement. Il se tourna vers Cazal. — Vous le saviez. Ce n’était pas une question. Cazal soutint son regard. — Pas tout. Il regarda Chaboud. Puis Garnier. — Mais assez pour vous mettre dans la même rue. Chaboud avait déjà fait demi-tour. Il rentrait dans son magasin. Garnier fit un pas. — Marc… Chaboud s’arrêta sans se retourner. — Ça, c’est fini. La porte se referma. La vitrine refléta leurs silhouettes. Déformées. Au loin, dans la vallée, une sirène monta. Puis une seconde. Quelques instants plus tard, entre deux immeubles, apparurent les gyrophares bleus d’une voiture de gendarmerie. Elle montait vers les Deux Alpes.
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